LA TRANSITION ECOLOGIQUE, facteur de développement de votre entreprise

LB

Ludovic Blot

ENVIE 35

Directeur

Présentation

Entretien avec Ludovic Blot Il y a 14 ans maintenant que Ludovic Blot est à la tête de Ressource T-ENVIE, un ensemblier de 4 entreprises d'insertion sur le bassin rennais, qui comptent 175 salariés dont 110 en insertion. Le cœur de métier du groupe : l'inclusion. « Notre raison d'être : c'est d'embaucher des personnes très éloignées de l'emploi, pendant un parcours d'environ 24 mois qui se déroule en 3 phases : l'intégration, la professionnalisation et enfin la préparation à la sortie, c'est-à-dire l'accompagnement pour trouver un emploi ou une formation dans une entreprise classique. » ENVIE, c'est la 3ème vie professionnelle de Ludovic Blot. Après un parcours classique en école de commerce à Nantes, il embrasse une carrière de directeur de filiale pour un grand groupe d'informatique. « J'ai ensuite complètement changé de voie pour retrouver du sens et j'ai été 5 ans humanitaire pour Action contre la faim et Médecins sans frontières à l'étranger. » De retour en France, il cherche à combiner ses deux anciens métiers. Il découvre alors le terme « insertion » et son univers. Ressources T-ENVIE : 4 entreprises, 9 métiers, un même objectif. Les 4 entreprises du réseau sont des supports au service de cette mission d'insertion, entreprises apprenantes où les salariés pratiquent des métiers en conditions réelles de travail : « le meilleur moyen de s'intégrer professionnellement, c'est d’apprendre sur le tas ; ensuite on rajoute de la formation théorique. » À l'inverse donc, du rythme des formations traditionnelles. Et ENVIE peut être fière de son modèle : ces 5 dernières années, le taux d'intégration sur le marché de l'emploi à l'issue de ces 2 années est de 75%. En 2019, il atteint même 88%. Une réussite qui, selon Ludovic Blot, tient à la diversité des métiers au sein de ces structures. 9 au total : du poste très peu qualifié à celui plus technique. « On peut s'adapter au potentiel de chacun, l'idée étant, sans brider ni rabaisser nos salariés, de les faire monter le plus vite possible par rapport à leurs propres compétences. » L'électroménager de seconde main, c'est la vitrine. Mais le réseau compte aussi une entreprise de transport qui alimente la filière du réemploi. Il s'est diversifié avec le recyclage des matelas en collaboration avec Veolia. Depuis 2018, ENVIE gère également un centre de tri de recyclage des déchets du BTP avec Veolia, et auquel s'ajoute le groupe Legendre. En 2020, Troc Habits, un dépôt vente vestimentaire rennais a rejoint le groupe. « J'aime tordre le cou aux idées reçues » 9 millions d'euros, c'est le chiffre d'affaire de cette entreprise de l’économie sociale et solidaire, dont moins de 10% proviennent des aides : « dit autrement, la quasi-totalité de notre budget vient de nos ventes de produits et services ; et cela, c'est un point très important dans l'insertion. Il faut être hyper professionnel, très exigeant car nos clients le sont. Et parce que l'on est professionnel, nos salariés trouvent du travail derrière. » L'entreprise est viable économiquement, et si elle sait prendre des risques sur des activités qui ne sont pas rentables immédiatement, elle assume pleinement ce choix. « On n'a pas d'actionnaire à rémunérer car nous sommes une société coopérative d'intérêt collectif. L'objectif est de ne pas perdre d'argent, et les excédents que l'on fait sur une structure permettent de compenser les déficits d'une autre en démarrage. Mais en tout cas, on réinvestit pour toujours se développer ». Le développement de l'activité, et surtout l'innovation, guide le chef d'entreprise. En France, ils sont les seuls du réseau ENVIE à avoir investi le champ très complexe du recyclage des déchets du BTP. « Il y a une culture assez forte sur Rennes où l'on veut se développer car le nombre de demandeurs d'emploi longue durée ne cesse d'augmenter, et là c'est pire encore depuis la crise sanitaire ». « La transition écologique dans les entreprises, je dis enfin ! » « Ce que je trouve intéressant c'est qu'aujourd'hui, on associe la transition écologique à transition sociale. Ce qui n'était pas le cas il y a encore 3 ou 4 ans (…) Et pour moi il faut vraiment être sur le triptyque : Environnement, Economique et Social/Solidaire. » Un triptyque cohérent qui selon Ludovic Blot a du coup plus d'écho auprès des entreprises. Et puis, cette transition, c'est aussi une question de personne. Il illustre son propos par l'expérience vécue avec Veolia pour l'entreprise Trivel (centre de tri des déchets du BTP ndrl) : « Au début c'est venu d'une rencontre avec Martial Gabillard qui est le directeur de Veolia Bretagne. Et je ne suis pas certain que sa direction générale aurait validé qu'il passe du temps à cette utopie, si elle en avait eu connaissance au départ ». Après une phase de mise en confiance et d'apprivoisement réciproque, le projet est mis sur les rails. Il fait même tâche d'huile puisque Veolia tente de le dupliquer dans d'autres régions de France. « La petite graine est plantée ». Ludovic Blot est fier d'avoir contribué à la naissance de cette coopération à 3 ; puisque quelques semaines plus tard, l'entreprise rennaise de BTP Legendre rejoint l'aventure. Trivel : où l'association de 3 entreprises pour un projet Écologique, Économique et Social. Depuis 2 ans, Trivel recycle donc les déchets du BTP de Veolia et Legendre, plâtre et gravats entre autres. Chacun a apporté sa pierre à l'édifice, des études ont permis de quantifier les besoins exacts, la frugalité a aussi guidé le montage du projet. ENVIE est aujourd'hui propriétaire de la chaîne de tri industrielle d'une valeur de 1,3 millions d'euros. « La coopération est une condition sine qua non sans laquelle le projet n'aurait jamais pu avoir lieu. » Pour Ludovic Blot, cette prise de risque commune crée des liens et oblige à des méthodes de management participatif. Entretien recueilli par Aurélie CRETE, journaliste

Ses sessions

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