LA TRANSITION ECOLOGIQUE, facteur de développement de votre entreprise

LH

Loïc Hénaff

Produit en Bretagne /Entreprise HENAFF

Président

Présentation

« Pousser un éléphant, j'aime bien cette image » Le pâté Hénaff... quel breton ne connait pas la fameuse terrine finistérienne, créée en 1915 par Jean Henaff ? Aujourd'hui le groupe Jean Henaff, ce sont 3 entreprises : Jean Hénaff donc, Kervern et GlobeXplore, 4 sites industriels dont celui historique de Pouldreuzic, 280 salariés et 47 millions de CA. Son activité : fabricant de produits agro-alimentaires et un peu de distribution avec quelques boutiques en propre, de la vente en ligne mais aussi en direct sur les marchés. Jean Hénaff, une entreprise « à impact » depuis plus d'un siècle. Le groupe n'en est pas à sa première déclaration RSE. Mais en 2019, ce dernier adopte le programme « Be Good 2030 » : « l'entreprise a décidé que cette démarche responsable à impact positif serait très ambitieuse. Qu'elle devait aussi être raccord avec ce qu'aurait pu écrire mon arrière grand père en 1907. Il souhaitait apporter un peu de prospérité au territoire. Aujourd'hui, on est en 2020, on ne réfléchit pas de la même façon. On pense à l'impact économique certes, mais aussi à l'impact social et à l'impact environnemental. » explique Loïc Hénaff, l'actuel patron du groupe et arrière petit fils du fondateur donc. « On a une vision du monde, on a une mission et on a une ambition » complète t-il. Mais la question pour le dirigeant, au delà d'une ambition quantitative c'est de savoir comment l'entreprise va grandir. « Et NOTRE façon de faire, c'est Be Good 2030. C'est la colonne vertébrale de notre style. » « Être protecteur de l'environnement breton ». L'un des 5 piliers de ce plan, c'est la protection de l'environnement breton « car nous sommes attachés à notre territoire » argumente Loïc Hénaff. 3 axes de travail sont ainsi définis : la lutte contre le réchauffement climatique, la préservation de la biodiversité et l'économie circulaire. « C'est le socle. » Un stratégie établie avec un accompagnement, en prenant conseil afin de concrétiser les engagements et mettre en place des plans d'action : « On est une petite entreprise. On s'est donné 10 ans. Et c'est probablement trop court ». Le dirigeant mise sur une démarche raisonnable mais ambitieuse. Et à ceux qui critiquent la lenteur, il répond : « aller vite, je ne sais pas faire. ». Il évoque le temps de l'investissement, celui du changement des pratiques, de la mise en place de formation et du niveau de compétence. Un ADN mais de nouvelles urgences Loïc l'avoue : il n'est pas un précurseur de la RSE. 2011 est l'année des premières déclarations sérieuses et engageantes sur le sujet. « Ces sujets là, ça commence par le dirigeant. C'est une prise de conscience de la responsabilité de l'entreprise. » Une responsabilité historique mais qui au 21ème siècle ne suffit plus selon lui. « J'ai appris. Je me suis intéressé. Car c'était écrit, l'entreprise avait une mission : avoir un impact sur le territoire. » Et puis il y a des rencontres. Il cite son ami Olivier Clanchin de Triballat ou Alan Fustec fondateur du Label Lucie (norme ISO 26000). Des lectures et un cheminement personnel qui l'amènent à se dire « il faut vraiment prendre tout cela en compte, avec vigueur, surtout si on aime son territoire. » Ensuite, c'est de la méthode, du partage avec les actionnaires et l'écriture d'un projet stratégique de l'entreprise. «Et nous avons inscrit dans nos statuts, article 3, que nous sommes conscients de l'impact environnemental et social de notre activité et qu'on doit y être attentif. » Si l'entreprise affiche des ambitions économiques et quantitatives, elle souhaite être dans le qualitatif : « on ne veut pas faire n'importe quoi. Ni le faire n'importe comment. » Passer du discours aux actes. En 4 étapes : 1 – inscrire cette ambition comme étant stratégie. « Pas juste une lubie du patron ». Avoir un projet solide, crédible, écrit et audité. 2 – l'appropriation par tous au sein de l'entreprise. « Une fois que c'est rentré (ndrl : le projet), il faut l'animer, le faire vivre. Et cela incombe au dirigeant ». 3 – le partager à l'extérieur. « Parce que l'on dit qu'on s'engage, mais pas en se regardant dans la glace ! En regardant les autres. » Une profession de foi en somme. 4 – avoir des donnés tangibles ! En septembre dernier, le groupe Hénaff a présenté ses résultats de comptabilité en triple impact. « C'est-a-dire qu'on a fait calculer notre impact économique, environnemental et social en €. » Des chiffres qui permettent de se situer et d'établir des marges de progression. De se challenger aussi. Il en ressort qu'Hénaff coûte « à dame nature » 2 millions d'€ par an. « On crée une dette que l'on est pas prêt de rembourser », déplore Loïc. « Se donner des objectifs que l'on partage avec personne, c'est trop facile » « Il y a l'idée de cette grande impulsion. De l'ancrer, de former des gens, d'accompagner, de partager... Alors ok, c'est de la communication, mais c'est de la communication qui engage ». Dans cette optique, le groupe Hénaff s'ouvre à des nouvelles collaborations : un partenariat de 3 ans vient d'être signé avec Bretagne Vivante. La question du bien-être animal est aussi au cœur des préoccupations. Pour conclure, Loïc Hénaff insiste sur la nécessité d'avoir un projet inspirant car ces démarches sont énergivores : « je passe un temps fou, toujours, encore aujourd'hui, à expliquer les choses, à raccrocher... il ne faut pas lâcher le morceau ! ». Il évoque une image, parlante : pousser un éléphant. « Vous voyez, il faut mettre les deux mains sur les fesses de l'éléphant et pousser très fort et longtemps, mais au bout d'un moment, il met une patte en avant ! et bien, c'est un peu ça. Je suis toujours dans les pattes de l'éléphant, ça demande du temps, de l'énergie, mais c'est assez sympa ! ». Propos recueillis et rédigés par Aurélie Crété

Ses sessions

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