LA TRANSITION ECOLOGIQUE, facteur de développement de votre entreprise

KK

Karim Khan

UMIH / Chef d’entreprise – Château d’Apigné

Président de la commission Développement Durable

Présentation

Entretien avec Karim Khan « Il faut réfléchir l'entreprise différemment » En 1990, quand Karim Khan crée l'hôtel-restaurant Le Chateau D'Apigné, il a derrière lui des études de droit et une famille avec des principes : « J'ai eu la chance d'avoir des parents et des grands parents qui m'ont toujours appris la valeur des choses. Que tout n’était pas gratuit et qu'il fallait le mériter ». Etre responsable de sa vie et de ses choix en somme. C’est donc avec cette philosophie qu'il monte son établissement, aujourd'hui doté de 5* et réputé à travers le monde. 30 ans plus tard, la fierté de Karim Khan, c'est d'avoir fait de cette entreprise une aventure collective, d'avoir avancé ensemble, avec ses équipes, dans un but commun. « On est allé très tôt dans une labellisation de nos actions de développement durable ». Depuis 2006 en effet, le château d'Apigné dispose de l’écolabel européen. « Il faut que ce soit accepté par tous, ce n'est pas une décision du patron ». Il ajoute en souriant : « On ne fait pas ça parce qu'on est pingre et qu'on ne veut pas gaspiller d'eau ». Le « patron » insiste sur la dimension inclusive de la démarche : « j'avais une jeune femme à l'accueil en CQP réceptionniste et en discutant avec elle, j'avais senti sa sensibilité sur la question du développement durable. Et je lui ai dit que ce serait elle qui allait mener le dossier ». Il aura fallu de nombreux mois pour mettre en place des actions concrètes comme remplacer les ampoules incandescentes par des led, vérifier la provenance des achats pour qu'ils soient plus locaux, plus responsables, repenser les matériaux lors des rénovations, lutter contre le gaspillage alimentaire, optimiser le tri des déchets... et ce n'est pas terminé. Pour Karim , l'objectif c'est de toujours tendre vers « quelque chose de plus vertueux », de faire « ce que l'on peut » sans être dans la moralisation. Il conclut : « c'est un acte militant. Aujourd'hui, on doit jouer la transparence ». Il explique que les labels et autres chartes, c'est « afficher haut et fort son engagement, sa cohérence entre le respect de la nature et celui de l'humain. » Quels moyens pour opérer sa transition écologique ? Il faut donc d'abord l'adhésion d'une équipe mais aussi et surtout proposer un produit et une prestation qui soit en phase avec les attentes du client. « Le client, il est content que vous ayez un écolabel mais il ne viendra pas parce que vous l'avez ». Il faut donc travailler à ce qu'il s’identifie à cet engagement. Et communiquer davantage sur ce point. « Une prestation de qualité dans mon établissement, c’est respecter les produits et les personnes qui vont la faire ». Karim Khan explique aussi que les actions de DD sont source d'économie. En terme de fonctionnement d'abord : sur les énergies comme l'eau, le gaz, l’électricité. Mais surtout vis à vis du personnel. « Ça fidélise (ndlr : le DD), explique-t-il. La rotation du personnel c'est un coût. La formation, le temps qu'on y passe, la recherche des profils et puis les départs, c'est du temps. C'est lourd ». « DD est un levier de performance économique pour les entreprises » Par ailleurs président de la commission développement durable de l'UMIH (Union des métiers de l'industrie hôtelière), Karim Khan essaie de faire passer l'idée que le DD, et plus globalement la RSE est un moyen de developper la performance économique. « On doit gagner de l'argent, il faut gagner de l'argent mais, comment fait on évoluer son entreprise comme acteur de la société ? ». La réflexion qu'il porte au sein de cette commission et qu'il tente de faire valoir auprès de ses pairs, c'est le fait que l'on ne doit pas penser à se développer toujours plus, mais mieux ; de « créer plus de plus-value en ayant des produits haut de gamme, essayer d'avoir plus de services. Prendre du temps avec le client ». Il faut évidement que chaque entreprise trouve l’économie dans son mode de fonctionnement, dégager des gains de productivité. Au Château d'Apigné, ils ont par exemple réduit de 40% la facture de ramassage des déchets en les triant davantage. En presque 10 ans de mandat au sein de l'UMIH, il constate des changements : « au départ, je n'étais pas écouté. On ne m'accordait pas de temps et lorsque l'on m'en donnait lors des AG pour parler des travaux de la commission, il était réduit car il y avait des problèmes bien plus importants à régler. Notamment économiques ». Aujourd'hui, selon lui, de plus en plus de professionnels s'intéressent à ces questions de transition « soit par conviction, soit poussés par leurs clients, mais peu importe, puisqu'il faut y arriver. » Entretien recueilli par Aurélie CRETE, journaliste

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