LA TRANSITION ECOLOGIQUE, facteur de développement de votre entreprise

JBT

Jean Baptiste Touzé

Fondax

Directeur

Présentation

Entretien avec Jean Baptiste Touzé FONDAX, qu'est-ce que c'est ? FONDAX, ce sont 20 bougies soufflées cette année et la 3ième entité d'un triptyque. La fonderie est créée par M. Novak à Bain de Bretagne en Ille et Vilaine avec l'idée de « concurrencer » ses deux autres usines déjà présentes sur le département, avec une technologie différente : la fonderie par moulage de sable. Chez FONDAX, 11 personnes fabriquent des pièces en acier et en inox, avec un poids assez faible. « Nous sommes très diversifié car on va de la pièce unitaire à la petite voir moyenne série. On a beaucoup de renouvellement de références et donc, on s'adresse à tout secteur de l'industrie : l'agroalimentaire la robinetterie, le transport ferroviaire, l'industrie chimique, le pétrole... » explique Jean Baptiste Touzé, le directeur. Pour remettre dans le contexte, la France compte aujourd'hui 380 fonderies dont moins de 20 dans la catégorie des fondeurs d'acier à laquelle appartient FONDAX. « On est sur un petit marché en terme de fonderie et sur ce marché, on est sur un marché de service : du dépannage, des délais courts, de la fabrication sur mesure ». FONDAX travaille sur tout le territoire français et exporte aussi vers la Belgique. Nouvelle ère. Pour Jean Baptiste Touzé, ingénieur en fonderie avec15 ans de métier derrière lui, l'aventure FONDAX commence en 2008. Sa rencontre avec M. Novak, avec lequel il est toujours en contact, est déterminante : « Le projet s'est fait entre un entrepreneur qui ne voulait pas vendre et un salarié qui ne voulait pas acheter » aime-t-il à se rappeler. Pour le directeur, la transition écologique, au-delà de ses convictions personnelles, est un vrai sujet : « Je suis bien conscient qu'on est sur un domaine particulier, on n’est pas paysagiste » admet-il. « On est consommateur de ressources. Aujourd'hui, on participe au réchauffement climatique de par notre activité. Il ne faut pas oublier que l'on met du métal en fusion. On crée des calories qui sont souvent perdues ». Fort de ce constat, FONDAX a donc décidé de se lancer un défi au nom évocateur : LUN pour Lieu Usine Nouvelle. « Ce projet a aussi pour objectif de se poser la question de notre impact actuel sur l’environnement. Que peut faire dans le cadre de cette nouvelle usine pour le réduire, voire pour être positif. Y arrivera-t-on je ne sais pas. Mais en tous cas, cela anime une grande partie de la démarche. » Détaillons un peu ce projet LUN. 3 orientations ont été définies : environnementale, sociale-sociétale et économique. Objectif : fin 2022. Première étape donc : faire émerger un nouveau lieu. « La petite niche dans laquelle on se trouve nous protège en partie des facteurs extérieurs comme la délocalisation, mais aujourd'hui le bâtiment historique dans lequel on est, est un facteur de frein au développement. Parce que l'on ne peut plus rien aménager sur notre parcelle de 3000 m² et dans notre bâtiment de 1000 m² ». Pour mieux travailler, il faut donc déménager. « Nous n'étions pas forcement partis sur la construction d'un nouveau bâtiment, on a cherché des options différentes, dans une approche environnementale justement ». Après un an de recherches infructueuses, l'option de la construction d'une usine neuve est retenue : ce sera au Grand Fougeray. « Le projet est une bonne façon de se poser des questions concrètes sur le positionnement écologique ». Ainsi le bâtiment aura un minium d'impact tant lors de la construction que plus tard, lors de son fonctionnement. Mais la question essentielle pour Jean Baptiste Touzé, ce sont les opportunités de cette transition environnementale : « On se rend plus autonome. Aujourd'hui, nous avons une forte dépendance énergétique. C'est une ressource qui par nature se raréfie, et sera de plus en plus chère. Donc aller vers une indépendance énergique, même partielle, est déjà satisfaisant du point de vue environnemental - grâce à l'utilisation d'énergies renouvelables - mais aussi économiquement, car on sait que l'électron ne fera qu'augmenter ». « Dans les métaux, acier et inox, le circuit de recyclabilité est quasi-infini » Plus largement, c'est le fonctionnement actuel de l'entreprise qui est aussi revu. Depuis deux ans, des partenariats ont été noués avec certains clients pour mettre en place des circuits de recyclage. Quand les pièces arrivent en fin de vie, elles sont récupérées, renvoyées chez FONDAX pour être fondues et réutilisées. « Cela a des impacts écologiques, car le bilan carbone sur ces pièces est fortement abaissé ; et économiques aussi, car on rachète ces pièces là à nos clients et la vertuosité du cercle est très intéressante. On essaie d'avoir une approche, multifactorielle ». « Vous ne pouvez pas faire la plus belle usine du monde, super écologique, si vous n'avez pas derrière, une réalité économique qui tient la route ! » Pragmatique, Jean Baptiste Touzé associe toujours les dimensions économiques et écologiques de l'entreprise. « Car les contraintes économiques rendent caduques certains projets ». Il faut trouver le bon équilibre. Aujourd'hui, FONDAX travaille avec la société qui a conçu le navire Energie Observer, pour étudier quel sera le meilleur mix énergétique pour sa future usine. « Il y a un équilibre, qui sera celui de 2020 et qui sans doute changera dans les années qui viennent, avec l'hydrogène ou autre ». « Ce qui est vrai aujourd'hui, peut évoluer ». Pour le directeur, il est donc primordial de préserver une ouverture, de ne pas s'arc-bouter sur un positionnement. Il faut savoir faire bouger ou réajuster les curseurs en fonction du contexte. Mais à ce jour, Jean-Baptiste Touzé en est intimement convaincu, cette politique engagée de l'entreprise est un vrai facteur différenciant à faire valoir auprès des clients : « c'est même un avantage concurrentiel qui peut être assez prépondérant ». Entretien recueilli par Aurélie CRETE, journaliste

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