LA TRANSITION ECOLOGIQUE, facteur de développement de votre entreprise

MG

Mélanie Grandmoulin

Albertine en consigne

Commerçante

Présentation

« Albertine n'est pas le prénom de ma grand mère. » Mélanie Grandmoulin est rennaise, et à 32 ans elle a déjà un parcours... diversifié. Apres des études en maraichage-horticulture, elle poursuit sur un master en marketing-communication et c'est dans cette branche qu'elle démarre sa vie professionnelle. « Et puis à un moment donné, par rapport à mes valeurs personnelles, je me suis dit que j'avais envie de participer, à mon échelle, à un projet qui avait du sens. J'ai aussi toujours voulu entreprendre. Cela me titillait. Alors je me suis dis, vas-y !». C'est ainsi qu'en janvier 2020 née Albertine en Consigne. Remettre la consigne au goût du jour. Mélanie s'est inspiré de ses grands parents. Ils avaient une petite ferme et étaient quasiment autosuffisants. « Ce sont eux les premiers acteurs du 0 déchet. Aujourd'hui les mouchoirs en tissus que j'utilise sont ceux de ma grand mère. Le compostage, ils le faisaient déjà ! » Avec ses connaissances en digital et marketing, et sa volonté de réunir des producteurs locaux, Mélanie jette les bases de son entreprise, qui « à son petit niveau, va essayer de faire du bien à la planète ». Le principe est simple : de la livraison à domicile de produits bio, locaux et 100% consignés. Ou comment se réapprovisionner de manière simple et efficace mais avec des produits qui sont du coin et 0 déchet. Avec des produits frais transportés en glacière et essentiellement dans des contenants en verre, le défi de Mélanie, c'est donc la logistique. Le champs d'action d'Albertine en Consigne : Rennes et 10 kilomètres autour. Réussir à engager des gens et leur simplifier la vie Mélanie est pour le moment seule aux manettes : ses clients passent commande avant le lundi minuit et le mercredi matin, c'est elle qui va chez les agriculteurs chercher les produits, les conditionner et les livrer dans l'après midi. Beurre, lait, crème, yaourt, œuf, fromage, boisson en vrac, miel, pain... la gamme est déjà large et s'étoffe de jour en jour. « À chaque fois que l'on propose un nouveau produit, il faut imaginer le process pour le transporter, le mettre en consigne et aussi tout le circuit de nettoyage. » « Plus qu'une épicerie ambulante, c'est vraiment une boite de logistique. » L'idée paraît simple mais tout est à développer. « Et c'est ça qui est interessant ! » Depuis mars, 800 paniers ont déjà été livrés et près de 6000 contenants consignés ont été réemployés. L'entreprise est encore en phase de test. L'ambition étant d'aller vers de la récurrence, avec un panier type livré chaque mercredi « même si tout peut être ajustable, il n'y a pas de problème » précise Mélanie. Elle est aussi agréablement surprise de l'accueil réservé à son projet : « les gens me remercient, ils me disent que c'est génial, car il n'y avait pas encore cette solution » ; une première vague de clients, engagés et convaincus par cette démarche. « J'espère que mes 2eme clients seront des gens moins convaincus mais qu'ils testeront, car le système est simple et les produits super bons ». Mélanie s'imagine déjà dupliquer le concept à d'autres villes. Car le projet s'adresse à des urbains : en campagne, il est déjà souvent possible de s'approvisionner en direct chez les producteurs. Des producteurs qui y gagnent aussi, avec une visibilité sur Rennes, dont ils n'ont pas la charge d’approvisionnement : « ma productrice de lait m'a raconté qu'elle avait perdu un petit veau car elle était en livraison et qu'elle n'a pas été attentive à ses vaches. Elle me disait : c'est pas mon métier ! ». En se rendant chez eux, Mélanie répond aussi à une problématique « La transition écologique, c'est le cœur du projet » « Mon entreprise participe à cette transition. Et demain, si le modèle est viable, rentable et qu'il permet des emplois, je serai super fière ! » Lucide, la jeune entrepreneuse sait « qu'elle ne deviendra pas millionnaire » mais l'étude de marché et les premiers mois d'activité confirment l’existence de la demande. Et c'était sans compter la crise sanitaire : « le confinement m'a mis le pied à l’étrier. » Mais surtout le contexte amène les gens à se poser des questions sur le « consommer local ». Plus largement, pour Mélanie aujourd'hui, les projets et les entreprises à naître devraient systématiquement se poser la question de la part écologique, de leur neutralité environnementale et des impacts sociaux de leurs activités. Prochains challenges Favoriser le lien et les échanges entre voisins et dans le quartier, c'est aussi dans les projets d'Albertine en Consigne. Tout comme le fait de rendre accessible ces produits au plus grand nombre « les produits sont assez chers, je ne le cache pas. On est sur des produits souvent transformés, artisanaux et en petites quantités, donc pas accessibles à tous les foyers ». Des livraisons solidaires pourraient être mises en place, mais pour l'heure, une campagne de crowdfunding vient d'être lancée. Objectif : tester des glacières consignées et acquérir un véhicule électrique. Propos recueillis et rédigés par Aurélie Crété

Ses sessions

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